Réchauffement climatique : la situation est urgente. Quatre pistes pour éviter le pire, L’Obs, Le Plus, 27/03/16, 12h14
Dorota Retelska, scientifique
 
Pluies record, sécheresse dévastatrice et activité cyclonique inhabituelle : l'année 2015 est historique en termes de réchauffement climatique. C'est ce qu'affirme un récent communiqué de l'Organisation Météorologique Mondiale. Est-il trop tard pour agir ? Non, il est encore temps, affirme la chercheuse Dorota Retelska. Elle nous livre ses solutions pour éviter le pire.
Comment arrêter le réchauffement sans suspendre le cours de notre civilisation ? Nous avons besoin d’une prise de conscience universelle, et d’une réduction des émissions forte et rapide.
Une situation urgente qui demande des mesures exceptionnelles
L’Organisation Météorologique Mondiale vient d’émettre un communiqué informant que l’année 2015 a été une année historique, par ses pluies record, la sécheresse dévastatrice, et une activité cyclonique inhabituelle.
Cette tendance continue en 2016, février 2016 a atteint 1,35°C  degrés de réchauffement. Les scientifiques ne s’attendaient pas à observer ces températures aussi vite, et sont très inquiets.
Le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas, affirmait : "Notre planète envoie un signal fort aux dirigeants pour qu'ils signent et mettent en oeuvre les mesures de l'accord de Paris sur le changement climatique et réduisent les émissions de gaz à effet de serre avant que nous ne dépassions le point de non retour."
En effet, au dessus d’1,5°C, le climat de la Terre pourrait devenir instable. Des événements tels que les feux de forêt, la mort du plancton, le dégel du permafrost, la fonte des glaces pourraient tous contribuer à un réchauffement supplémentaire de la planète et se multiplier. Les tempêtes paralyseraient les transports et notre civilisation.
Nos dirigeants devraient réaliser l’urgence de la situation et prendre des mesures exceptionnelles.
Alors, comment pouvons-nous éviter que le réchauffement climatique ne s’emballe ?
Réduisons l’activité des usines 
Une année de réduction généralisée de travail au mi-temps à l’échelle planétaire serait peut-être la réponse appropriée qui pourrait empêcher un emballement rapide du réchauffement.
Une étude a montré que si les Américains travaillaient moins d’heures, comme les Européens, les émissions de carbone seraient réduites de 20%. Les longues heures de travail créent des comportements polluants, tels que l’usage de la voiture pour gagner du temps,  l’achat de plats tout prêts à l’extérieur, ou le choix d’objets quasi-jetables plutôt que la réparation chez soi, et d’autres comportements générés par le stress.  La semaine de trois ou quatre jours économise les émissions des trajets et le chauffage des locaux.
Une réduction de la production industrielle d’objets s’entassant à l’infini dans les supermarchés, les entrepôts et les décharges serait la meilleure réponse au réchauffement de la planète entière. Elle limiterait les émissions de carbone de la production et du transport de l’excès de biens matériels. De plus, l’efficacité énergétique lors de la production industrielle est elle une nécessité absolue.
Exigeons des lois garantes d'une planète habitable pour nos enfants
Des lois et solutions gouvernementales pour la protection de l’environnement faciliteraient la transition .
Les émissions de CO2 de l’industrie et des véhicules peuvent être strictement limitées, et le passage aux énergies renouvelables doit être réalisé au plus vite. Le recyclage devrait aussi être encouragé. Etant donné le danger actuel, la construction des aéroports et des autoroutes devrait être suspendue, et les transports en commun encouragés, gratuits ou subventionnés.
Une incitation à l’alimentation végétarienne, par exemple l’exigence d’une alternative végétarienne dans les lieux publics, qui pourrait être subventionnée. Les catastrophes climatiques pourraient bien rendre dérisoire l’effort financier que nous consentons actuellement pour les éviter.
Des citoyens Hollandais et Américain ont poursuivi leur gouvernement en justice parce qu’il a mis en danger leurs conditions de vie au  XXe siècle. Les gouvernements pourraient donc être bientôt obligés de limiter les émissions de Carbone.
La loi française inclut maintenant la possibilité de poursuivre une entreprise coupable de préjudice écologique, et une remise en état du lieu dégradé peut être exigée. La majorité des entreprises devraient donc être jugées coupables de la destruction du climat terrestre, et elles devraient s’atteler à sa remise en état.
Modifions nos habitudes de consommation
Un effort d’information sans précédent s’impose. Tout européen doit savoir que le climat change dangereusement, et que les comportements écologiques réduiront les catastrophes à venir.
La prise de conscience par les populations du danger proche que représente le climat devrait amener à une modification des habitudes de consommation, amenant une certaine modération et des choix plus écologiques : moins de viande, moins de déplacements, moins d’objets, objets écologiques, économies d’énergies, choix des énergies renouvelables.  
Il vaut mieux s'abstenir de consommer sans nécessité.
Exigeons des entreprises des objets durables
Peut-être devrions nous dès maintenant orienter la production des biens matériels vers des objets écologiques, durables et de qualité et réparables. Les entreprises gagneraient peut-être à anticiper cette demande.
Nous pourrions parfaitement imaginer que les usines produisent moins d’objets, mais durables et de bonne qualité.  Nous pourrions alors garder inchangé le dogme de la croissance sur lequel sont construites nos économies. Il est dans l’avantage de tout le monde de réduire la pollution, puisque cela conduirait à une réduction des cancers et des catastrophes climatiques.
Nous devons accepter de payer pour la qualité, et passer des commandes en conséquence. Le public devrait être informé sur les avantages des objets à longue durée de vie, qui finalement seraient plus sûrs et confortables d’usage. 
Une exigence de garantie universelle suffirait peut-être à limiter les émissions de CO2, et la perte de temps et d’énergie monumentale que représente l’achat d’objets délétères. La prise de conscience par les populations du danger proche que représente le climat devrait amener à une modification des habitudes de consommation, amenant une certaine modération et des choix plus écologiques.
<http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1499308-rechauffement-climatique-la-situation-est-urgente-4-pistes-pour-eviter-le-pire.html?xtor=RSS-18>

 

source: la revue de presse de FNH