Lettre info spéciale "Cépages interdits" - Sept 2016

1. C’EST GAGNE / LES CEPAGES TRADITIONNELS ET ECOLOGIQUES CEVENOLS ENFIN AUTORISES

Quelle était la situation des cépages interdits avant le début de notre lutte pour leur libération ?
Il était interdit de planter, de commercialiser, de céder des plants, ainsi que de consommer, d’offrir, de vendre des produits issus de ces vignes.

Pourquoi cette interdiction ? Dans les années 1930, une surproduction gigantesque a mis en péril le marché de la viticulture. La solution adoptée a été de supprimer certains cépages (ceux en particulier qui poussent sur nos Cévennes – s’attaquer au plus petit a toujours été la solution la plus simple…) En les interdisant, et en répandant des racontars sur leurs qualités gustatives et/ou sur la santé (qui veut tuer son chien l’accuse de la rage). Quant au goût (« qui arrache » et toutes autres considérations « viriles ») il était (est) uniquement du à de mauvais élevages des vins (vinification insuffisamment maîtrisée).
De nos jours comme l’ont constaté moult œnologues et jurys, les vins issus de ces cépages - s’ils sont correctement vinifiés – font un breuvage particulièrement bon, sans oublier des jus de fruits et autres produits transformés.
Pour terminer et bien évidemment, les conditions sanitaires (la légende selon laquelle ils rendraient fou) sont vérifiées scientifiquement : ces produits ne portent aucunement atteinte à la santé, du moins pas plus que d’autres vins en quantité raisonnable. Et même plutôt moins vu qu’on a moins besoin de les asperger de produits...

Alors pourquoi une si longue interdiction ? Difficile de comprendre pourquoi cette interdiction a perduré aussi longtemps.

Enfin pourquoi nous sommes battus ? Pour trois raisons principales :
1) Ces cépages n’ont quasiment pas besoin de traitements - au pire bien moins que les cépages "classiques" - et ont la rusticité nécessaire pour s’adapter au changement climatique
2) Ils sont rentrés dans l’histoire et la culture cévenole
3) Ils donnent des vins et autres produits excellents et sans équivalent du point de vue gustatif

Le combat de Fruits Oubliés avec ses militants : Nous avons édité revues, plaquettes et autres ouvrages dédiés. La population a été alertée via la presse. Les élus ont été sensibilisés et ils ont quasiment tous soutenus notre combat. Nous avons transgressé la loi en plantant, commercialisant vignes et produits issus des cépages. Nous avons organisé des dégustations depuis trois ans : à Bessèges, à la Grand’Combe et à Portes cette année, aux Conseils départementaux du Gard et de la Lozère, et par deux fois au Parlement Européen. Enfin, sur la demande de nos députés et en particulier de M. Fabrice Verdier, nous avons été reçu au ministère de l’agriculture ce 12 avril 2016.
Lors de cet entretien, le représentant du ministre nous a indiqué qu’il n’y avait quasiment plus de problèmes sur ces cépages (en particulier sur la partie sanitaire) et que des dispositions permettaient d’en cultiver. Il nous a indiqué enfin qu’un compte-rendu nous serait adressé sous quinzaine via M. Verdier.
A ce jour sans ce document, et conformément à la législation en vigueur (qui prévoit un délai de deux mois à l’administration pour répondre), les dispositions énoncées lors de ce rendez-vous sont définitives.

Alors qu’avons-nous gagné ? Nous avons gagné de ne plus être inquiétés, dans les zones de culture traditionnelle, au motif de planter, cultiver, céder des plants de cépages interdits, de consommer, d’offrir, de vendre, des produits issus de ces vignes, en tout cas sans crainte de poursuites devant une juridiction répressive ; la seule restriction demeure celle des autorisations de plantations à destination commerciale et aides, que les pouvoirs publics ou organismes de droit public peuvent refuser ;

Une première étape a donc été franchie, que nous allons fêter, avant d’aller plus loin encore, avec votre soutien grandissant !

2. GRAND SUCCES POUR LA 3e RENCONTRE DES CEPAGES CEVENOLS

 

Malgré la température écrasante, et malgré l’incendie qui faisait rage pas bien loin du château, vous êtes nombreux à nous avoir rejoints pour cette magnifique journée.

Les échanges du matin entre producteurs, pépiniéristes, chercheurs, furent intenses et passionnants.

Pendant ce temps, un jury de 10 experts goutait les vins cévenols mais aussi autrichiens, québécois et italiens. Les habitués de ces cépages initiant les autres experts aux particularités de ces vins.

L’après-midi, le public se pressait pour goûter les nombreux vins, jus de raisins, confitures, sorbets proposés par les producteurs.

L’engouement était à son comble ! Merci à nos partenaires et aux bénévoles venus nous prêter main forte.

Vous trouverez des photos ici.

3. CONFERENCE SUR L’ARCHEOLOGIE DE LA VIGNE ET 1ère DEGUSTATION LICITE DE PRODUITS ISSUS CEPAGES INTERDITS

Dans le cadre de son festival nature 2016, le Parc National des Cévennes propose une conférence sur l’archéologie des paysages de la vigne et du vin : "Des origines aux cépages interdits".
RV samedi 17 septembre à 18h00 à la maison de l’Association d’Education Populaire, place des Ayres à Genolhac.
Durée de la conférence (et discussions) : 2h00.

Cette conférence sera suivie d’une dégustation de vins et jus de raisin proposée et organisée par nous-mêmes... En toute légalité !...

Merci de votre soutien.

L’équipe de Fruits Oubliés.

 

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